La Voie du Puy, un Chemin où souffle l'esprit
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En empruntant la Via podiensis, on suit un itinéraire historique et on met ses pas dans ceux d'une multitude de pèlerins qui ont fait vivre cette voie depuis des siècles... Mais le chemin du Puy reste encore aujourd'hui une épreuve de vérité, une quête à accomplir et un ressourcement qui permet souvent de recentrer sa vie sur l'essentiel. Voilà en tout cas ce qui a été expérimenté par beaucoup de pèlerins, étape après étape, entre Le Puy-en-Velay, Conques, Moissac et Saint-Jean-Pied-de-Port. Pour comprendre l'esprit de la Voie du Puy, il n'y a sans doute pas mieux qu'un témoignage... Voici donc celui d'un randonneur devenu pèlerin, comme il l'explique lui-même, qui a parcouru les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en partant du Puy-en-Velay. Ce témoignage est paru dans le bulletin Camino. "J'ai vécu deux choses merveilleuses dans ma vie, la naissance de mon fils et le Chemin de Compostelle"... Ceci me fut dit au retour, dans la gare de Compostelle, par une pèlerine italienne que je rencontrais à l'hébergement, depuis deux semaines et qui, chaque soir et chaque matin, passait vingt bonnes minutes à se soigner les pieds... repartant cependant chaque jour. Très grande émotion en posant le pied sur le quai de la gare du Puy-en-Velay. Je vis ce moment-là comme un rêve, sans doute de manière beaucoup plus intense que pour les premiers pas du lendemain matin. Je sais alors que j'arriverai à Compostelle... Je souhaite parler d'impressions, très subjectives, de rencontres,... du bonheur quotidien durant deux mois et demi, pendant lesquels je me suis senti comme porté; oublié, le poids du sac (une quinzaine de kilos, avec l'eau... mais les sacs sont tellement bien conçus maintenant!); oubliées, les douleurs des genoux, séquelles d'une opération ancienne, les douleurs lombaires et sciatiques; oubliée, la pluie qui nous a suivis quelque temps, de manière irrégulière; oubliées, les interrogations quant à l'hébergement du soir... J'ai marché, heureux, fredonnant souvent "singing in the rain", sans me poser de questions... heureux de n'avoir pas mal aux pieds, de n'avoir eu aucune ampoule, de n'avoir parfois qu'un très léger échauffement! À quelques étapes de l'arrivée, j'ai regardé mon sac: pendant tout ce temps, tout ce dont j'avais besoin pour vivre, simplement, pour me protéger de la pluie, pour me soigner, pour me changer, me laver, faire ma lessive, me protéger du soleil, pour lire, pour me guider, pour m'éclairer la nuit, tout était dans ce sac! Ainsi, on apprend à relativiser: la distance parcourue, quand on rencontre d'autre pèlerins arrivant, à pied, du nord de l'Allemagne, de la frontière hongroise, d'Italie, et qui ont traversé les cols des Alpes dans la neige... d'autres arrivent des Pays Bas, d'autres ont pris l'avion en venant du Québec, du Brésil, du Japon, de Corée... tous en route, sur ce Chemin, vers Compostelle; relativiser aussi ses propres petits ennuis de santé, quand on voit, tous les soirs, les voisins se soigner les pieds... et repartir le lendemain! "J'ai commencé marcheur et randonneur, je continue pèlerin"... cette phrase, on la retrouve souvent notée sur les cahiers placés dans les gîtes, dans les églises afin que ceux qui marchent sur le Chemin donnent leurs impressions. Effectivement, aller à Compostelle peut être un pèlerinage, soutenu par une vraie foi; mais c'est aussi un lieu extraordinaire, propice à la méditation, au retour sur soi, sur les autres aussi, comme me le disait ce pasteur protestant rencontré en marchant: "on a tout le temps de penser, de regarder, de s'émerveiller, d'écouter, de faire attention aux signes perçus très fréquemment, que l'on peut appeler providence, hasard ou simple coïncidence... mais qui sont de toute façon de merveilleuses grâces." Je suis parti seul, mais est-on jamais seul sur le Chemin? Les rencontres sont nombreuses et combien enrichissantes! On marche seul, on marche avec d'autres, et si l'on continue ensemble, c'est que l'on s'est choisi... on peut cependant continuer à se ménager des plages de silence et de réflexion. Je ne voudrais pas terminer cette trop brève évocation sans avoir une pensée pour B. parti de Chartres vers Vézelay puis Le Puy, traversant Morvan et Forez dans la neige et le brouillard... Son fils avait disparu dans un accident, et il faisait ce pèlerinage en mémoire de lui. Il a continué jusqu'à Saint-Jean-Pied-de-Port, épuisé, mais apaisé grâce aux nombreuses conversations avec d'autres pèlerins. "Ultreia, ultreia, et sus eia, Deus adjuva nos", chantions-nous sur le Chemin... Chemin de terre, chemin de foi, et aussi... chemin de tolérance. J. P. >> Pour en savoir encore plus sur la Voie du Puy Lepère Editions, 13 le Bourg, 27270 Grand Camp Tel: +33.(0)2.32.46.34.99 - +33.(0)6.60.97.92.16 Horaires: 9h-12h, 14h-18h Dernière mise à jour du site :02/2012 © 1999-2012 - Réalisation Web2o.fr - Tous droits réservés |
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